samedi 6 mars 2010

De l’Oural à l’Atlantique

Cher vieux général. Comme tu nous manques ! Ils sont loin les jours où mon père te vouait une haine féroce pour avoir abandonné l’Algérie, et menti outrageusement à un peuple de pieds-noirs qui attendait tout de toi. Oui, cette haine partagée « filialement » m’a fait oublier ton génie politique que je n’ai cessé, pendant des décennies, de redécouvrir à la lueur de toutes les imbécilités, trahisons, petitesses de tes minables successeurs, de droite, comme de gauche. « Minables successeurs » réunis dans le même œcuménisme de la médiocrité des visions politiques. Car dans un de tes traits de génie, tu nous parlais souvent de la grande Europe qui allait de l’Atlantique à l’Oural. Comme le jeune crétin que j’étais à l’époque, j’imaginais encore une « traitrise » de ta part, nous vendant à l’URSS communiste de l’époque. Quel imbécile j’étais ! Oui, je le reconnais humblement. Ce que j’avais oublié, comme « petit détail » insignifiant, et que toi, tu comprenais mieux que les autres, c’est que les régimes politiques passent, mais que les peuples demeurent ! Et ce sont les peuples que nous devons respecter et aimer, au-delà de la présences très provisoires de régimes politiques tyranniques ou paranoïaques de dirigeants vaniteux. Ceci étant valable sur toute la surface de la terre.
Pourquoi je vous fais ce long préambule ? C’est parce que je viens de voir un film merveilleux  : « Le concert ». Ne ricanez pas tout de suite, en pensant qu’une œuvre de fiction, qu’une comédie que l’on prétend « légère » ne puisse pas parler de choses très profondes de la politique.  Parce que ce film parle d’un peuple qui a énormément souffert et qui garde une joie et un bonheur de vivre colossal. Qui possède une truculence presque méditerranéenne ! Un peuple que soixante dix ans de communisme, et de souffrances indicibles  avaient éloigné de nous, et qui mérite largement d’être aimé et respecté. Et il m’a fait comprendre que nous avions plus de liens culturels, affectifs  et historiques avec lui que le monde anglo-saxon qui veut nous submerger de ses fausses valeurs mercantiles. Pendant les décennies de la guerre froide et de l’équilibre de la terreur, nous avions cru, à tort, que les USA protégeaient nos libertés et nos intérêts contre la dictature effroyable du communisme. Ce fut, en partie, vrai. Cela nous a donné cette illusion très longtemps, parce que nous n’avions pas d’autres solutions ! Le général de Gaulle, toujours lui, avait compris le piège infernal qui se refermait sur nous. C’est pourquoi il créa la force nucléaire française. Pas tant pour faire comprendre aux soviétiques que la France n’était pas pour eux, qu’aux Américains qui cherchaient à étendre leur hégémonie bien cachée sous les oripeaux fallacieux de la solidarité occidentale.
En même temps que  l’empire soviétique s’écroulait, les masques tombaient de l’autre côté de l’atlantique. Nous avions échappé à une hégémonie très « visible », mais nous n’avons strictement pas vu, l’autre qui se préparait en toute beauté, en silence, hypocritement !
La meilleure preuve de ma démonstration tient en quatre lettre : OTAN !
Car, on ne cessera jamais de le répéter ; cet organisme fut crée essentiellement pour contrebalancer la puissance soviétique en face d’une Europe à genoux après la seconde guerre mondiale. Cette menace disparaissant, l’OTAN aurait dû disparaître avec lui, en toute logique !
C’est oublier que l’OTAN est aussi un « outil » de domination politique des Américains sur leurs « alliées ». Vous pensez bien qu’ils n’allaient pas abandonner une si belle « machine » de domination !
Alors je vous le dis, je vous le proclame, nos intérêts, notre avenir politique, l’espérance pour nos enfants, pour une Europe en paix et prospère SE TROUVE A L’EST !
Même avec la Russie de Poutine et de Medvedev ! Quitte à vous scandaliser ! Car ce sont les peuples qui comptent, bien au-delà de leurs dirigeants ou des régimes politiques. 
C’est avec la Russie d’aujourd’hui que nous devons nous entendre et que nous devons tisser des liens de plus en plus forts.
Oui ! Quand j’ai vu ce film où s’agitaient, se débattaient tous ces musiciens russes, avec leurs gouilles, leurs magouilles « croquignolesques », leur admirable sensibilité, leur tendresse, leur colère brutale, leur « déprime slave », leur truculence et même leur naïvetés de pauvres devant les richesses d’un pays riche, je me suis dit que vraiment j’étais mille fois plus proche d’eux que des « flics des « experts Miami » ou que des hystériques de « desperates houswifes ».
Oui, mon général, moi aussi, je rêve désormais d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural !

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