Je viens de voir l’intervention du député Guillaume Bigot à l’assemblée nationale. Je n’ai jamais entendu de discours aussi puissant de vérité depuis l’intervention de feu Philippe Seguin, le 5 mai 1992, dans ce même lieu. C’est vous dire son importance. Dans les tous premiers mots de son discours, Philippe Seguin annonce clairement les faits : « ….le projet de loi (traité de Maastricht) viole de façon flagrante, le principe suivant lequel LA SOUVERAINETÉ NATIONALE est inaliénable et imprescriptible... ». Vous avez lien sur la vidéo du discours.
Cette souveraineté a pourtant été violée, méprisée, annihilée par une majorité de députés irresponsables. Mais plus de trente ans plus tard, le CRIME de ce viol nous revient en pleine figure.
Les mauvaises actions, les trahisons en politique finissent toujours par être punies, et ressurgirent en pleine lumière au moment où l’on s’y attend le moins. Celui-ci est arrivé grâce au discours courageux de ce député.
Il n’y a pas de souveraineté sans nation. L’Europe de Bruxelles n’a jamais été et ne sera jamais une nation ! Conclusion ? La souveraineté européenne est un mirage ! Un leurre ! Ou une pure foutaise pour les plus grossiers. Donc ILLÉGITIME ET ILLÉGALE !
Discours de Philippe Seguin le 5 mai 1992 à l’assemblée nationale française:
Discours de Guillaume Bigot
(transcription par mes soins et pardonnez les quelques erreurs ou coquilles involontaires)
« Chers collègues
Paniqués par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, certains appellent de leurs vœux l’avènement d’une souveraineté européenne. Alors répondons leur tout de suite : ce que vous voulez c’est à la fois illégal et illégitime. L’article 3 de notre constitution dispose : la souveraineté appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants, et par la voie du référendum, et la suite fait écho à la déclaration de 1789, le principe de toute souveraineté réside dans la nation, nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.
Vouloir la souveraineté européenne c’est donc assumer une première forfaiture. Les représentants du peuple que nous sommes nous n’avons aucun droit à disposer d’une souveraineté inaliénable.
Chers collègues, je vous le rappelle : nous sommes ici par la volonté du peuple et nous l’abdiquerons pas, non certainement pas, au profit d’une bureaucratie européenne. Vouloir la souveraineté européenne c’est l’exclure de l’arc républicain, et qui plus est, c’est le faire au profit d’un leurre. Concrétiser la souveraineté européenne, si les mots ont un sens, c’est avouer qu’elle n’existe pas. Concrétiser la souveraineté européenne, c’est poursuivre un mirage. L’Europe n’est pas un peuple, l’union européenne n’est qu’une organisation internationale qui monte sur ses ergots pour jouer à l’État. Ersatz d’État, en vérité, sans peuple, sans légitimité, sans impôts donc sans armée et sans forces.
Chers collègues
Vous dites à ce grabataire qu’est Bruxelles : « lève-toi et marche ? ». Mais je vous le dis justement :
Bruxelles ne marche pas ! D’ailleurs au sein de l’union européenne actuelle, à chaque fois que nous voulons agir en européen, nous devons nous synchroniser avec 26 autres n’ayant ni les mêmes politiques, ni la même culture, ni les mêmes intérêts. Au sein de l’Europe, de l’union européenne actuelle, à chaque fois que nous voulons agir en européen, nous devons passer sous les fourches caudines de la commission européenne que De Gaulle décrivait déjà en 1965 comme un aréopage technocratique, apatride et irresponsable. Et nous sommes ici à la jonction d’une question d’efficacité et de légitimité, puisque la commission européenne allie la lourdeur de la bureaucratie soviétique à la lâcheté de la société des nations. La commission doit redevenir ce qu’elle n’aurait jamais cessé d’être, un secrétariat, un organe technique. Oh mais je sais bien ; seule, seule la France, nous serions trop petit pour nager dans le grand bains de la mondialisation. Je sais bien que l’argument est matraqué chaque jour depuis 1992. Mais répéter mille fois un mensonge n’en fera jamais une vérité. Le succès de pays plus petit que nous, la Suisse, Singapour, la Corée du Sud qui ne sont protégés par aucune organisation supranationale rappelle suffisamment que la souveraineté est d’abord affaire d’indépendance de cohésion, et de volonté.Bruxelles ne sait que ligoter les États les aux autres, les lester de normes, et les livrer pieds et poings liés à la concurrence internationale.
Depuis l’élection de Donald Trump, d’ailleurs, nous assistons à un spectacle saisissant. Les anciens vassaux de l’Amérique se dressent contre leur ancienne idole. Tout ceux chez qui la soumission à Washington relevaient d’une seconde nature se mettent soudain à dénoncer l’insupportable ingérence des nouveaux dirigeants américains dans les affaires du vieux continent. Tous ces laquais de l’Amérique qui se retournent contre leur ancien maître. Voilà de quoi rire et de quoi surprendre.
Thierry Breton et Emmanuel Macron nous expliquent qu’Elon Musk et Donal Trump et tempéré l’indépendance de l’Europe. Mais où étaient-ils , lorsque l’ambassade des États-Unis finançait et diffusait le communautarisme de nos banlieues. Ceux qui ont appointé des cabinets américains comme Mackinsey, en leur confiant des données du gouvernement français. Ceux qui ont déposé les données de santé des Français dans le « cloud » de Microsoft. Ceux qui ont vendu nos turbines à General Electric feignent aujourd’hui de découvrir extraterritorialité, et in fin, l’impérialisme d’une Amérique dont ils étaient encore hier les premiers promoteurs ? Allons ! S’alarmer des effets du réseau social X n’est-ce pas dérisoire, chers collègues ? Lorsque l’on sait que le « patriot act » oblige les entreprises américaines à transmettre à leur gouvernement toutes les données collectées à l’étranger ? La souveraineté, en vérité, ressemble à la charité, elle commence par soi-même . Alors commençons par redevenir souverain et nous aurons peut-être une chance d’entraîner nos alliés et voisins européens. Nous ne sommes pas contre l’Europe, mais nous voulons une Europe des réalités, une Europe pragmatique. Avant Maastricht d’ailleurs, nous faisions le Concorde et Ariane. Depuis l’union européenne est fière d’attacher les bouchons aux bouteilles en plastique. Il faut passer de la méthode Monnet, ce grand « patriote » dont les cendres mériteraient d’être transférées à Arlington, au cimetière américain, à la méthode Airbus, celle d’une coopération flexible, efficace entre nations souveraines.
Mes chers collègues, comme le voulait le général De Gaulle, l’Europe ne se fera pas contre les nations mais avec elles. C’est cette Europe là que nous voulons, et d’ailleurs, d’ailleurs, il ne peut en avoir d’autres.
Je vous remercie.